En mon jardin s’éveille un lilas redoutable
Qui sent monter en lui une sève effroyable,
Depuis qu’il a détruit mon mur haut de trois mètres.
On saura de quel bois est fait ce nouveau maître !
Ravage et destruction, voilà de quoi il rêve.
Fendons le globe, enfin ! Lézardons, et qu’on crève !
Moi peu m’importe au fond sa brûlante colère,
Car je n’attends de lui qu’une ombre salutaire.
Je m’endormis confiant sous sa grappe odorante :
Il m’en punit d’un songe à la saveur sanglante.
Je me vis en pêcheur, hissant dans mes filets
Un congre, ou une ablette, un genre de brochet,
Convulsant frénétique en spasmes de souffrance.
Mon cœur s’émut bien sûr devant cette monstrance,
Je lui tendis ma gourde, et servis un gorgeon.
On aime offrir à boire, à côté de Dijon !
Messages de forum
1. À l’heure de la sieste, 20 octobre 2011, 11:21, par Franck Garot
En note, ces deux extraits de l’Autofictif, source d’inspiration de ce pastiche hugolien.
Ayant démoli un mur haut de cinq mètres et long de vingt à la seule force de sa sève, mon lilas a pris conscience de sa puissance. Il enveloppait depuis trop longtemps nos amours de son ombre parfumée. Finies, ces tendresses mièvres ! Fini, le doux, le capiteux lilas ! On verrait de quel bois il était fait. Et depuis, il pousse toujours plus loin, toujours plus profondément ses racines. Où le mènera son goût nouveau pour la destruction et le saccage ? Que vise-t-il ? Et s’il avait dans l’idée de lézarder le globe… ?
Éric Chevillard, l’Autofictif, mercredi 12 octobre 2011
Pris de pitié pour le poisson qu’il avait sorti de la rivière et qui se débattait sur la rive, il s’agenouilla près de lui et porta à ses lèvres sa gourde d’eau.
Éric Chevillard, l’Autofictif, jeudi 22 septembre 2011
2. À l’heure de la sieste, 20 octobre 2011, 15:17, par Ma
Il n’y a que Sylvie Lainé pour oser s’attaquer en même temps à deux monstres sacrés à la fois, un Béhémot ne pouvait lui suffire..
Bravo !